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Dans la Dépêche du midi du 22 mars, l’ancien président de Université Jean-Jaurès revient notamment sur le climat dans son université. Daniel Lacroix n’y va pas par quatre chemins. Questionné sur ce qui l’a le plus marqué pendant ces semaines, plus que les insultes et les menaces dont il a été la victime, il répond : la mauvaise foi. Et cible…ses collègues universitaires, en pointant les conséquences désastreuses pour son université en termes d’attractivité.

Malhonnêteté intellectuelle. Si les étudiants trouvent grâce à ses yeux ( il comprend “qu’ils s’enflamment”), il récuse ce qu’il appelle “la malhonnêteté intellectuelle dans un lieu critique, de réflexions, de production du savoir. Je ne peux pas accepter que certains colportent des mensonges.” Il affirme qu’au Mirail, “les grandes luttes ont toujours abouti à quelques mots d’ordre très simplistes.”

Image “ternie” parce que diplômes de complaisance ? Les étudiants voient leur CV “parfois mis, nous dit-on, au fond des piles car on ne sait pas ce qu’il y a derrière le diplôme.” Car selon lui les interrogations sont là : “Est ce que la formation a été suivie ou pas ? C’est dommage !” Mais Daniel Lacroix va encore plus loin et s’en prend à certains universitaires : une idée, “en partie fausse” (donc en partie vraie…) prévaudrait au Mirail : “on peut perdre des mois de cours et avoir quand même les diplômes”. Résultat : une image “ternie” de l’université…

Fuite des cerveaux.  “Certains collègues oublient que nous sommes un service public, investi d’une mission de formation, de production de savoir.” Et au sein de son université, il estime que “certains ont joué petit bras en regardant leurs propres intérêts “ avec comme issue possible qu’une partie des étudiants, “les plus ambitieux, les plus brillants et ceux qui ont les moyens, ira ailleurs.”

Avec ce réquisitoire sur les mœurs universitaires à l’université Jean-Jaurès (qui doit se retourner dans sa tombe au passage !), Daniel Lacroix soulève une question plus générale : alors que le monde entier bruisse des débats autour des fake news, voici donc que les universités y entrent avec fracas ! Inquiétant d’un certain point de vue, rassurant selon un autre : les universitaires sont traversés par les mêmes mutations que l’ensemble de la société.

 

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