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Je suis, vous êtes inondés de notes et rapports des pouvoirs publics sur l’ESRI que nous peinons à suivre. Je me suis donc dit que l’on pouvait sélectionner quelques “indispensables” dans cet univers foisonnant. Pas de choix cachés de ma part et j’espère que mes lectrices et lecteurs me pardonneront mes éventuels oublis ! C’est l’occasion de se (nous) remettre “l’esprit à l’endroit”, afin de favoriser des réflexions sereines, appuyées sur des analyses et chiffres, discutables au bon sens du terme !  

La première des références est évidemment l’édition 2020 de “L’état de l’ESRI”, publiée le 26 mai 2020 et qui compile les données majeures, à partir de notes et analyses publiées au fil de l’eau et que l’on a tendance à oublier.

Mais il existe un nombre colossal de rapports et notes publiés tout au long de l’année 1Par définition, lorsque je ne source pas, il s’agit de notes du SIES-MESRI., émis par la sphère publique et qui finissent par passer inaperçus. Ils contiennent la plupart du temps des données chiffrées et des analyses. Cette sélection très subjective, que j’assume, ne m’engage évidemment pas sur les analyses et les propositions émises !

Mon abécédaire par thématique.

E comme effectifs

Atlas régional des effectifs d’étudiants 2017-2018. Cette édition 2019 présente, sous forme de cartes, de graphiques et de tableaux, « la diversité du système français d’enseignement supérieur ».

Hausse des effectifs du supérieur de 2,1 % en 2018-2019. Cette augmentation est en partie liée à celle des nouveaux bacheliers, dont le nombre augmente de 5,2 %, soit + 5,7 % en licence et + 2,9 % en STS. Plus de 60 % d’entre eux étudient à l’université.

Prévisions d’effectifs 2019-2020 : +1.2%. Les effectifs du supérieur augmenteraient 32 600 étudiants soit +1,2% en 2019-2020, puis de 0,6 % (+ 16 400 étudiants) l’année suivante.

Effectifs 2019-2020 : + 1,6%. 2,73 millions d’étudiants se sont inscrits dans l’enseignement supérieur en France métropolitaine et dans les DOM en 2019-2020. La hausse est particulièrement prononcée dans les écoles de commerce, gestion ou comptabilité (+6,3%) et en formations d’ingénieur (+2,5% en université et +1,9% en dehors). La part des étudiants dans l’enseignement privé, en hausse de 0,4% par rapport à l’année précédente, s’établit à 20,6%.

Universités : évolutions 2019-2020 +1,3%. Il y a 1 635 200 étudiants dans les universités, soit + 1,3 %. Cette augmentation est notamment due à celle des effectifs en licence, mais est moins importante qu’en 2018-2019 en raison de la diminution de néobacheliers (-1 %). Ces derniers sont également moins nombreux à s’inscrire en IUT (- 1,5%).

Cycle ingénieur : évolutions 2019-2020 + 4,7%. Avec 150 600 étudiants inscrits les effectifs ont augmenté de 20 % en 5 ans. Cette hausse bénéficie surtout aux établissements privés (+8,9 %) et aux établissements publics hors tutelle du MESRI (+ 8,2 %). Si une majorité des nouveaux entrants sont issus d’une CPGE (37% d’entre eux), cette part diminue de 6 points en 5 ans. En cycle ingénieur, 17% des étudiants sont formés en apprentissage.

CPGE : évolutions 2019-2020 – 0,1%. Ce sont les effectifs de la filière littéraire qui diminuent le plus (- 2,2%), tandis que ceux de la filière scientifique restent stables. La filière économique est la seule à progresser avec une hausse de 1,6% de ses effectifs par rapport à 2018. Toutefois, au niveau des nouveaux entrants, les CPGE enregistrent une diminution globale de 1,2%.

STS : évolutions 2019-2020 – 0,2%. Le nombre de nouveaux entrants diminue de 2,3%. Les bacheliers technologiques et professionnels représentent la grande majorité des nouveaux entrants, dans la production (78%) comme dans les services (72%). De leur côté, les bacheliers généraux forment19 % des nouveaux entrants.

Écoles de commerce : évolutions de + 24% en 5 ans. À la rentrée 2018, 187 400 étudiants sont inscrits dans une des 333 écoles de commerce, de gestion et de vente. Le nombre de nouveaux inscrits progresse en moyenne de 4,4 % par an entre 2013 et 2018. Les étudiants intègrent davantage ces écoles directement après le bac (+ 4 points en un an). À l’inverse, les nouveaux inscrits issus de CPGE “sont relativement moins nombreux qu’il y a 5 ans (­-2 points)”.

E comme évaluation

HCERES : rapport d’activité 2019. Avec la fin du mandat de Michel Cosnard, le HCERES souligne « la solide reconnaissance acquise par le Haut Conseil après ses quatre années de présidence. »

Évaluation globale du PIA. Le comité de surveillance du PIA juge que ce dernier présente “des points forts en termes de gestion, mais des résultats en retrait pour la qualité du pilotage et l’impact des actions”.  Il plaide pour mieux articuler le PIA avec la politique universitaire française et se demande si le temps n’est pas venu de définir une “nouvelle doctrine d’investissements stratégiques” fondée sur une “politique publique pérenne”.

Le rapport annuel de la médiatrice. En hausse de 9 % par rapport à 2018, les saisines de la médiatrice du MEN et du MESRI ont été émises à 77 % par les usagers (dont 27 % dans l’enseignement supérieur) et à 23 % par les personnels, selon le rapport de 2019. Des recommandations sur 6 thématiques : le PPCR et la gestion des carrières, le harcèlement moral, la lutte contre les discriminations, la responsabilité sociale de l’employeur, l’organisation des examens, et l’attribution des bourses dans le supérieur.

Sexisme. Dans son « Rapport annuel sur l’état du sexisme en France en 2019 », le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) juge que « les grandes écoles banalisent le sexisme ambiant ». Pour ce qui est des universités, « elles ont engagé des mesures importantes (dispositifs de prévention, rappel des obligations légales, campagne de communication et formation des agents, etc.) mais il semble qu’il demeure un écart entre la lettre et l’action ».

F comme financement

Dépense moyenne par étudiant. Au “plus bas niveau depuis 2008”,  la dépense moyenne par étudiant atteint 11 470 euros, soit, entre 2008 et 2018, une baisse de 520 €.

Dépenses de recherche et développement. Entre 2016 et 2017, elles passent de 2,22 % à 2,21 % du PIB. Elles pourraient légèrement diminuer en 2018 pour atteindre 2,20 %, le PIB progressant à un rythme plus élevé. En 2017, le ratio Dird/PIB s’établit à 2,37 % pour les pays de l’OCDE contre 2,34 % en 2016.

Exécution budgétaire 2019 :

Gestion budgétaire et comptable publique (GBCP) dans les universités et organismes de recherche. Un rapport de l’IGESR constate que “les universités de taille importante se sont plus rapidement engagées dans des réorganisations que leurs homologues de taille plus modeste”. Les organismes de recherche affichent quant à eux “une plus grande maturité.” Par ailleurs, la mission revient sur la mise en conformité des systèmes d’information, qu’elle estime “laborieuse”.

Dialogue stratégique et de gestion. La Cour des comptes recommande un “suivi renforcé” des moyens nouveaux et souhaite que l’exercice aboutisse à des indicateurs et outils de pilotage pour un suivi à l’échelle nationale. Elle demande également, concernant l’enseignement supérieur, de “proscrire toute anticipation du dégel de la réserve de précaution”.

F comme formations initiales et pédagogie

Taux de réussite en L et DUT. Il est en hausse de 0,7 point en licence et 0,8 point en DUT pour la session 2018. En 2018, près de 42 % des néobacheliers obtiennent leur licence en 3 ou 4 ans, soit 0,7 point de plus qu’en 2017. En DUT, le taux de réussite en 2 ou 3 ans s’élève à 70 % (+ 0,8 point par rapport à l’année précédente).

Disparité des taux de réussite. Les bacheliers généraux réussissent davantage que les autres (52 % en licence et 84 % en DUT). Ces taux varient aussi selon les filières : en licence, il va de 36 % en AES à 46 % en science politique. En DUT, 79 % des étudiants réussissent dans le secteur des services (contre 74 % en production).

Bacheliers professionnels et université. Leur orientation ne se réduit pas à un choix par défaut, selon un article publié page 31 dans un numéro de Céreq Échanges intitulé “Vulnérabilité étudiantes : les chemins inattendus de la réussite”. Ces “étudiants atypiques s’appuient sur un choix rationnel qui prend en considération leur vulnérabilité.”

STS : taux de réussite des néobacheliers en baisse. 78% des inscrits en STS en 2016 sont passés en seconde année et 65 % ont obtenu leur BTS en 2 ou 3 ans.

Bacheliers technologiques : taux de poursuite d’études en baisse de 4,2 points de 2010 à 2018. Les nouveaux bacheliers généraux et surtout technologiques ont une moindre « propension » à s’inscrire en IUT, CPGE et STS en 2019. Cela s’expliquerait par des « contraintes de capacité », par un effet « Parcoursup » et par une plus forte poursuite d’études « en écoles d’ingénieurs, de commerce, en facultés privées » ou dans d’autres écoles.

Parcours d’études et réussite en licence, DUT et STS 3 ans après le bac. La moitié des bacheliers de 2014 sont diplômés du supérieur et 63 % d’entre eux sont encore étudiants. Cette étude s’appuie sur un panel, constitué en 2014, d’environ 23 000 lycéens ayant obtenu leur bac cette même année. L’essentiel de ces bacheliers est issu d’un échantillon d’élèves entrés en 6ème en 2007 et suivis pendant leur scolarité par la Depp.

Taux de passage de M1 à M2 : + 6 points en 2018. Alors que le taux de passage de la licence au M1 se stabilise à 66 %, celui du M1 au M2 augmente pour atteindre presque 69 % à la session 2018. Cela s’explique par une sélection effectuée désormais à l’entrée du M1. La réussite est plus fréquente en “sciences-santé” et en “économie-sciences de gestion-AES”. A consulter la version 2020 du portail national des masters.

Cycle ingénieur : un taux de réussite en 3 ou 4 ans s’élève à plus de 86 %. Les étudiants inscrits en 1re année du cycle ingénieur en 2013 sont plus de 86 % à être diplômés en 3 ou 4 ans. Parmi les 36 800 étudiants inscrits pour la première fois en 1re année du cycle ingénieur à la rentrée 2013, 9,5 % ne passent pas en 2e année. 3,5 % d’entre eux ne suivent plus un cursus d’ingénieur.

Étude sur les stratégies des prépas de proximité. Les classes préparatoires de proximité « prétendent répondre à différents besoins », comme celui de « proximité spatiale exprimé par les familles » et celui « d’accompagnement et de promotion des élèves de certains milieux socio-culturels », explique un article du n°100 de la revue Éducation & formations de la Depp

Transformation numérique des formations : quel modèle économique ? Un rapport IGÉSR d’octobre 2019 souligne que les innovations, “souvent issues d’initiatives émanant de petites équipes pionnières, peinent à se diffuser”.

Stages : 1 étudiant sur 3 en a effectué en 2017/2018. Ils ont bénéficié d’une rémunération dans 46 % des cas, tandis que les 2/3 des stages effectués ont lieu dans la région d’études avec des variations selon les formations. La proportion de stagiaires augmente avec le niveau d’études.

F comme formation continue

Formation continue dans l’enseignement supérieur public : CA en hausse de 4 % en 2018. Il progresse de 3% dans les universités, INP et IUT et de 25 % dans les écoles et grands établissements (mais sur des volumes plus faibles). Le nombre de stagiaires reste stable mais les durées moyennes des formations diminuent. 80 % des stagiaires (362 000) sont inscrits en université dont 217 000 en IUT.

VAE dans l’enseignement supérieur : baisse en 2018. Plus de 3 600 VAE ont été délivrées par les universités et le Cnam et 5 500 en BTS délivrées par les lycées en 2018. 45 % des bénéficiaires de la VAE obtiennent une licence professionnelle et 36 % un master ou doctorat. Le droit-économie-gestion et les sciences-technologie-santé sont “les deux domaines disciplinaires les plus concernés”. Une étude publiée par le Cereq souligne qu'”en dépit d’un développement continu jusqu’à la fin des années 2000, la VAE est loin toutefois d’avoir atteint le succès que lui prédisaient les pouvoirs publics. Ces dernières années sont d’ailleurs marquées par un net recul du nombre de candidats.”

3 guides de la Dgesip sur la Formation continue. Ils traitent des partenariats avec les acteurs socio-économiques, des stratégies marketing et du lien entre la recherche et la FPC.

Comparaison des politiques de formation des entreprises en Europe. Selon une étude Cereq, s’il en ressort un accroissement général de l’investissement des entreprises européennes dans la formation des salariés, la France continue de privilégier les cours et les stages contrairement à ses voisins européens qui misent sur l’apprentissage et la formation en situation de travail.

I comme innovation

Le Guide du crédit d’impôt recherche 2019 publié par le MESRI.

PME et crédit impôt innovation. Son montant total a « fortement progressé » entre 2013 et 2014 passant de 83 M€ en 2013 à 120 M€ en 2014 (+ 45%), tandis que le nombre de PME bénéficiaires est passé de 4 092 en 2013 à 5 286 en 2014 (+ 29%), selon l’Insee, dans le chapitre consacré à l’évaluation du crédit impôt innovation au sein de l’étude « les entreprises en France en 2019 ».

R&D des entreprises en 2018 : + 1,7%. Totalisant 33,9 Md€ en 2018, les dépenses intérieures de R&D des entreprises basées en France progressent mais le PIB ayant augmenté de manière équivalente, l’effort de R&D des entreprises reste stable à 1,44 % du PIB. Les effectifs de R&D des entreprises se sont quant à eux accrus de 3,7%, la hausse étant un peu plus prononcée pour les chercheurs (+ 4%).

Technologies quantiques : stratégie nationale. Le rapport « Quantique : le virage technologique que la France ne ratera pas » formule 6 recommandations stratégiques.

“Faire de la France une économie de rupture technologique” : 10 marchés prioritaires retenus. Le collège d’experts mandaté dans le cadre du Pacte productif propose dans son rapport de retenir 22 marchés clés, dont 10 prioritaires parmi lesquels l’hydrogène, les technologies quantiques ou la santé digitale.

Fonds pour l’innovation et l’industrie : l’analyse de la Cour des comptes. Elle préconise d’élargir sa gouvernance “à l’ensemble des ministères gérant des programmes inclus dans la Mires ». Elle argue que « les ministres chargés de l’Agriculture et de la Culture en sont exclus, ce qui ne permet pas une mise en cohérence optimale des financements”. Elle relève que “le FII est maintenu en 2020 alors qu’il n’a financé des entreprises qu’à hauteur de 20 % de ses objectifs sur la période 2018-2019”.

Deep tech : 3 études. Le livre blanc “Investir dans la deep tech” de Bpifrance relève que “nés dans des laboratoires, beaucoup de projets deep tech sont par nature très éloignés des mondes de l’entrepreneuriat et de l’investissement et les différences culturelles entre ces univers faussent considérablement la communication des chercheurs avec les professionnels du capital-risque “.  “Chaque start-up reçoit 1,5 fois plus de financement au Royaume-Uni et 3 fois plus aux États-Unis” constate par ailleurs une étude de Bpifrance, BCG et Hello Tomorrow. Et selon une enquête nationale “Jeunes chercheurs et entrepreneuriat Deeptech” de Bpifrance-PhdTalent, “44 % des jeunes docteurs envisagent la possibilité de devenir entrepreneur” mais “l’écosystème de la recherche est encore peu connu des jeunes chercheurs”.

Rapport 2019 de l’Ompi. Une trentaine de pôles de concentration de l’innovation situés dans des métropoles ont été à eux seuls à l’origine de 69 % des brevets et de 48 % de l’activité scientifique au cours de la période 2015-2017. Ces pôles sont pour la plupart situés dans 5pays : l’Allemagne, la Chine, les États-Unis, le Japon et la Corée, précise le rapport qui fait état d’une innovation devenue plus axée sur la collaboration, de plus en plus internationale.

Brevets internationaux 2019. La Chine devient le principal déposant de demandes internationales de brevet en 2019 (58 990 demandes), et dépasse pour la première fois les États-Unis (57 840 demandes), premiers depuis 1978, selon l’Ompi. La France reste 6ème du classement, derrière la Corée du Sud, l’Allemagne et le Japon.

Tableau de bord de l’innovation 2020. Dans cette évaluation des performances d’innovation de l’UE et ses voisins, la France occupe une place stable, au sein des « innovateurs forts » ayant des performances « proches ou supérieures à la moyenne de l’UE ». La France se situe à la 14ème place pour le financement privé des dépenses publiques de R&D en pourcentage du PIB, à la 17ème place pour les co-publications public-privé et à la 4ème place pour le montant du capital-risque.

I comme insertion professionnelle

Enquête Cereq sur l’insertion professionnelle. 7 ans après leur entrée sur le marché du travail, les jeunes diplômés en 2010 ont connu des trajectoires professionnelles « plus heurtées et moins ascendantes » que ceux diplômé en 1998.

Insertion professionnelle : 3 notes du SIES/MESRI. Elle soulignent un niveau d’insertion professionnelle « jamais atteint » en master, une insertion plus rapide mais qui plafonne en licence professionnelle, un taux d’insertion en hausse pour les 10 % de DUT qui se dirigent vers la vie active.  L’ensemble des résultats par discipline de formation et par université.

I comme international

Panorama des systèmes d’admission dans l’enseignement supérieur. Les examens nationaux à la fin du secondaire et les examens d’entrée organisés par les établissements d’enseignement supérieur sont les épreuves les plus largement utilisées pour sélectionner les candidats admissibles à l’entrée des formations, selon l’OCDE dans son rapport “Regards sur l’éducation 2019“.

Un Guide EUA sur l’audit de la recherche européenne. Cette série de propositions est à l’intention des bailleurs de fonds nationaux et européens « sur la manière de rendre l’environnement de reporting et de contrôle de l’UE plus efficace et efficient. »

Un rapport EUA sur les financements publics de l’ESR en Europe. Il confirme « l’amélioration progressive des financements publics de l’ESR en Europe » en 2018 et 2019. De nombreux pays, ont comme la France un investissement inférieur à la croissance économique. D’autres, comme l’Islande, la Pologne, la Hongrie et l’Irlande ont commencé à réinvestir dans leurs universités. Entre 2018 et 2019, les 3 pays qui ont le plus investi dans l’ESR sont l’Autriche (+12,48 %), l’Irlande (+11,7 %) et la Hongrie (+10,9 %).

La place de la France en nombre d’étudiants étrangers. Elle rétrograde à la 5ème place des principaux pays d’accueil. En 2017, elle est devancée de peu par l’Allemagne, selon CampusFrance dans ses Chiffres clés sur la mobilité étudiante. Les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie continuent de dominer le trio de tête.

L’état de la mobilité internationale en France.  Dans un rapport sur « La mobilité internationale des étudiants », la Cour des comptes pointe des lacunes sur la fiabilité des données et la performance des établissements. Elle souligne que la réussite en licence des étudiants étrangers en mobilité en France est nettement inférieure à celle des autres étudiants et s’inquiète de « dérives » constatées sur des diplômes spécifiques.

CampusFrance : pas de feuille de route définissant une « stratégie commune » des 2 tutelles. La Cour des comptes revient sur le « pilotage stratégique des opérateurs de l’action extérieure de l’État » par le MEAE, parmi lesquels l’agence CampusFrance. Elle appelle notamment à « renforcer le pilotage » de l’agence lors de la négociation du prochain COM et à « repenser le dispositif des bourses ».

Le rapport d’activité Erasmus+ France 2019. 57 083 étudiants sont partis en mobilité en 2019, contre 49 355 en 2018. Selon son rapport annuel d’activité, son budget a augmenté de 18 % en 2019. Après une année marquée par le Brexit, le Royaume-Uni est la seule destination qui voit le nombre de mobilités baisser en 2018-2019.

Frais différenciés des étudiants hors UE. L’avis du Conseil d’État qui rejette la requête des syndicats et associations étudiants.

P comme Parcoursup et loi ORE

2019 : une enquête nationale OVE. L’enquête « Transition du secondaire au supérieur », indique notamment qu’une grande majorité des lycéens indique avoir eu des entretiens, formels ou informels, avec les professeurs principaux. Enfin, parmi les étudiants qui ont attendu plus de 15 jours avant d’accepter une proposition, 63 % expliquent qu’ils attendaient la réponse d’un vœu particulier.

2019 : bilan sur l’ensemble des bacheliers ayant formulé un vœu. “92,5% ont reçu au moins une proposition d’admission toutes phases confondues”. Si le délai d’attente moyen est de 4,5 jours avant de recevoir une première proposition, “près de six candidats sur dix en ont reçu une dès le premier jour, et près de neuf sur dix (87%) avant les épreuves écrites du baccalauréat.”

Les 16 recommandations du Comité de suivi de la loi ORE. Il propose notamment d’ouvrir “le chantier de la mesure de la réussite étudiante » ou encore « établir rapidement un premier bilan des ‘oui si'”.

2019 : rapport du Comité d’éthique Parcoursup. Il se décline en 4 axes : transparence, performance, équité, sécurité et sûreté. Il indique que “Parcoursup a dû s’adapter, dès sa deuxième année, à une évolution significative de l’offre et de la demande”, reconnaît des améliorations dans les informations données aux candidats mais souligne que cet effort devra se poursuivre, notamment en vue de la réforme du bac.

2019 : l’analyse de la médiatrice. Selon son rapport 2020, le nombre de saisines sur les admissions post-bac est passé de 300 en 2017 (APB) à 150 en 2019.

La position du Conseil constitutionnel. Dans une décision, le Conseil constitutionnel juge que les dispositions du code de l’éducation relatives au “secret des délibérations” dans la procédure Parcoursup sont conformes à la Constitution. Toutefois, il souligne une réserve d’interprétation : “Chaque établissement d’enseignement supérieur doit rendre compte des critères en fonction desquels ont été examinées les candidatures dans le cadre de Parcoursup”.

2020 : chiffres partiels de Parcoursup. Le taux de confirmation des vœux sur Parcoursup augmente de “près de 2 points” par rapport à 2019 selon le MESRI.

2020 : hausse des confirmations de vœux . Au 4 avril, date limite de confirmation des vœux, 658 000 lycéens scolarisés en France se sont inscrits pour la session 2020, soit 7 000 de plus que l’année précédente. Ils sont aussi plus nombreux à avoir confirmé leurs vœux sur la plateforme, de 96,3 % en 2019 on passe à 98,3 % en 2020.

La position du Défenseur des droits. Il met à nouveau en garde contre le critère “discriminatoire” du lycée d’origine dans une note du 31 mai 2020 intitulée “Algorithme, prévenir l’automatisation des discriminations“.

Bilan de la loi ORE : le rapport de la Cour des comptes. Intitulé “Un premier bilan de l’accès à l’enseignement supérieur dans le cadre de la loi ORE”, il émet 15 recommandations dont 9 concernent spécifiquement la procédure et la plateforme Parcoursup. La Cour note que l’administration “s’est montrée performante” l’affectation des candidats à la rentrée universitaire 2018 ayant “été assurée sans heurts notables”.

Accès à l’enseignement supérieur : rapport parlementaire. La mission d’évaluation de l’accès à l’enseignement supérieur, créée par le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques (CEC) de l’Assemblée nationale, fait 14 propositions, dont 8 sur “l’admission” et “l’arrivée” dans l’enseignement supérieur et 6 autres sur l’orientation dans l’enseignement scolaire.  

Loi ORE : rapport de l’IGÉSR. Dans son rapport “Mesure de la réussite étudiante au regard de la mise en œuvre de la loi ORE”, l’inspection dresse un constat positif sur le développement des parcours personnalisés. Elle retient 4 indicateurs pour mesurer la réussite étudiante : le taux de présence aux examens, le taux de réussite, le taux d’insertion dans un parcours de réussite et le taux d’abandon. Elle considère que “la validation des crédits ECTS doit devenir la donnée de référence en matière de suivi de la réussite étudiante” et insiste sur “la nécessité d’intensifier la sensibilisation des établissements à l’intégration des crédits ECTS dans leur système d’information”.

Analyse de l’effet orientation de la loi ORE. Les modifications observées à la rentrée 2018 au niveau des néobacheliers inscrits en L1 “devraient se traduire par une hausse significative, de 2 points, de la part de ceux obtenant plus de 50 ECTS sur les 60 nécessaires à la validation de l’année”.

P comme personnels

Bilan social MESRI 2017-2018 : partie 2. Il dresse un portrait de l’ensemble des personnels, enseignants et autres personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Durée temps de travail des Biatss. Elle s’établit selon un référé de la Cour des comptes à “1 462 heures annuelles, soit 9 % de moins que la durée légale “ de 1607 heures. Cette situation s’expliquant en partie du fait d’une circulaire ministérielle “erronée“, la Cour demande au MESRI de “produire une nouvelle instruction “ et de “faire du respect de la durée annuelle légale du temps de travail l’un des éléments du dialogue de gestion”. Le ministère répond qu’il sera amené à “réévaluer la situation des Biatss dans le cadre de la LPPR”.

Rapport de la mission Thiriez sur la Haute fonction publique. Parmi les 42 propositions, il est suggéré de “faciliter l’accès au doctorat pour les hauts fonctionnaires », en privilégiant le « doctorat de recherche (PhD)” et de transformer l’ENA en “nouvelle école d’administration publique”, l’EAP.  2 options pour cette EAP : “devenir un établissement d’enseignement supérieur et de recherche, associé à une université de rang mondial”, PSL et l’IPP, ou en faire une “académie interne à l’administration”.

P comme politique de site

Premier bilan des fusions d’universités réalisées entre 2009 et 2017. Ce rapport de l’IGAENR (désormais IGÉSR) souligne notamment que la France “se distingue de ses partenaires européens par une vague importante de fusions universitaires, engagées depuis 2009.”

R comme recherche

Le projet de loi LPPR : il change de nom pour devenir “projet de loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030 et portant diverses dispositions relatives à la recherche et à l’enseignement supérieur”.

Infrastructures numériques et de recherche. Souhaitant un financement récurrent pour leur modernisation, la Cour des comptes recommande aussi de « soumettre Renater aux audits de sécurité de l’Anssi » et déplore à propos des Datacenters et de la mutualisation informatique un “pilotage national peu affirmé”. A lire, Un guide de la DGRI relatif à la politique tarifaire des infrastructures de recherche.

V comme vie étudiante

Gestion de la vie étudiante : l’analyse de la Cour des comptes. Elle reformule plusieurs recommandations à destination du MESRI et du réseau des œuvres déjà émises en 2018. Elle souligne aussi que le champ de la vie étudiante “se caractérise par une insuffisance de suivi objectivable sur la longue période”. Les crédits “Vie étudiante” ont augmenté de 1,75 % par an entre 2014 et 2019.

Étude OVE sur les conséquences du confinement chez les étudiants. 31 % des étudiants ont présenté des signes de détresse psychologique selon cette enquête “La vie d’étudiant confiné”.

Références

1 Par définition, lorsque je ne source pas, il s’agit de notes du SIES-MESRI.

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