Droits d’inscription : et si on s’intéressait (enfin) au montant des bourses ?

L’annonce de frais d’inscription élevés pour les étudiants étrangers non-communautaires fait craindre à certains l’extension de cette mesure pour les étudiants français. Bizarrement, personne, et ce depuis des années, ne s’intéresse au montant des bourses, notamment des 12,5% qui représentent les étudiants les plus défavorisés. Essayons de corriger cette erreur… J’ai retrouvé et comparé l’évolution des droits d’inscription depuis 1960 mais surtout des bourses…depuis 1936 ! L’occasion de méditer sur ce qu’ont fait Sciences Po et Dauphine.
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Étudiants d’université : des « hérétiques » en puissance ?

Il est à la mode de se plaindre du « désordre » récurrent de l’université française (les grèves, les blocages, les débats permanents), de la diversité de ses étudiants (mauvais puisque non sélectionnés) et du manque d’encadrement pédagogique (sous entendu comparé aux prépas, écoles etc.). Puisque la mode est à la pensée disruptive, osons une affirmation : et si ces « faiblesses » étaient en réalité des atouts ? Faisons-nous l’avocat des « hérétiques » universitaires, pour paraphraser Marc Bloch.
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Science, course à la performance, fraude …et GRH

Autour des polémiques sur la fraude scientifique, la course à la performance est questionnée. Pourtant des études infirment l’hypothèse d’une course à la publication entraînant des fraudes ! Mais la quête de l’excellence, la pression de l’évaluation et la recherche de financements se font désormais dans un univers ultra-compétitif. Comme pour le sport de haut niveau, n’est-ce pas l’occasion d’avoir une réflexion sur la gestion des ressources humaines dans la recherche scientifique ? (suite…)

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Étudiants étrangers : des impasses qui pourraient…coûter cher !

Les annonces du Premier ministre sur la stratégie pour rendre la France de l’ESR plus attractive mettent en avant la hausse des frais d’inscription pour les étrangers non-communautaires. Si cette hausse était réclamée depuis longtemps par les responsables d’établissements, elle pourrait se révéler à double tranchant. La qualité de service sera-t-elle au rendez-vous ? Et le gouvernement ne commet-il pas une erreur en fixant à 3770 € le coût de l’inscription en doctorat ? Les leviers de l’attractivité de l’ESR sont-ils vraiment là où le gouvernement les place ? (suite…)

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Relations CNRS-universités : on revient de loin, mais où va-t-on ?

Si Alain Fuchs a grandement fait évoluer et apaisé les relations CNRS-universités, 2 questions majeures demeurent : comment, à l’heure où émergent de véritables universités (pas seulement les « grandes »), faire coexister ces dernières, les organismes, l’ANR et les instruments du PIA ? Comment concilier la volonté d’avoir des universités dans les classements internationaux avec les identités fortes des organismes ? Après la tutelle et maintenant le partenariat, le CNRS ne doit-il pas passer en mode soutien des universités ? (suite…)

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René Rémond et l’autonomie des universités : un livre à méditer

Avec un léger contretemps ( ? le livre date de 2015 !), je voudrais chroniquer l’excellent livre de Charles Mercier « Autonomie, autonomies » qui retrace le parcours de René Rémond comme dirigeant de l’université de Nanterre et de la CPU. Riche en anecdotes, il livre les témoignages des principaux acteurs universitaires de l’époque confrontés à ce Graal : reconstruire l’Université française. Et sa conclusion mérite que l’on s’y arrête : façonnés par l »habitus » jacobin, les partisans de l’autonomie prônent souvent des mesures qui vont à l’encontre de leurs idées…
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« Démocratie universitaire » (3) : le centre de décision et la périphérie

Une des principales leçons des réformes menées dans l’ESR depuis 2006, c’est le sentiment de malaise réel des personnels devant des changements incessants, souvent contradictoires. Plus qu’une absence de concertation devant ces réformes, c’est très souvent la difficulté à en saisir le sens dans un contexte où tout changement est perçu comme une injonction. La mise en œuvre reste en effet le grand fiasco des politiques publiques. Et ce qui contraint l’exercice de la « démocratie universitaire », que ni la LRU, ni la loi Fioraso n’ont réglé, c’est le clivage fort que montre une étude de 2013 entre le centre et la périphérie. (suite…)

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« Démocratie universitaire » (2) : quelle place pour l’administration ?

J’ai abordé la question de la « démocratie universitaire » sous l’angle de la représentation dans les CA. Mais un autre aspect mérite d’être regardé, c’est celui des relations entre le pouvoir académique et le pouvoir administratif et leurs légitimités respectives. Si la place de l’administration n’équivaut pas à la représentation des personnels Biatss dans les CA , elle en dit long sur le fonctionnement efficace d’un établissement. Dans un troisième article, j’aborderai ce qui me semble être la question désormais majeure, à savoir le sentiment croissant d’un éloignement des centres de décision. (suite…)

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« Démocratie universitaire » (1): un débat peut en cacher d’autres

Le débat sur l’ordonnance remet une nouvelle fois sur le tapis le concept de « démocratie universitaire » que l’on confond souvent avec collégialité. Enjeu ? Le niveau de représentation des personnels dans les CA des établissements expérimentaux, fixé à 1/3 minimum, et dont les syndicats craignent qu’il ne soit un maximum. Dans ce premier billet, je reviens sur une question : la « démocratie universitaire » est-elle la norme en France et a-t-elle les vertus qu’on lui prête ?  Dans un second billet, je reviendrai sur les relations entre pouvoir académique et pouvoir administratif. (suite…)

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20 ans après, que reste-t-il du rapport Attali ?

Il y a un peu plus de 20 ans, au printemps 1998, paraissait le rapport dit Attali qui allait être un choc dans l’ESR français. De ce rapport sont nées, directement ou indirectement, toutes les réformes menées depuis. En le relisant, il est intéressant de voir que les points de blocage du système français demeurent les mêmes. Retour sur ce que l’on peut en retenir à la lumière des débats en cours avec 2 échecs majeurs : la convergence universités-grandes écoles et l’évaluation.
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Pourquoi Bercy et les investisseurs privés français ne comprennent pas l’innovation

Le rapport Lewiner que j’ai analysé en estimant qu’il montrait une stratégie d’innovation française en échec, procède à de multiples constats. Je reviens sur une critique, qui est en quelque sorte le fil rouge de ce rapport, celle du fonctionnement de l’État et celle concomitante de l’investissement privé dans l’innovation de rupture. Cette incompréhension du lien innovation-recherche, agit négativement sur la compétitivité de notre pays. Elle ouvre aux acteurs de la recherche (universités, écoles et organismes) un chantier majeur d’influence, sous peine de voir à nouveau s’accumuler les « plans » déconnectés des réalités. (suite…)

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Peut-on changer la mauvaise image des universités ?

Les blocages du printemps dernier n’ont fait que conforter dans l’opinion publique une idée déjà bien ancrée : l’université en France reste un endroit qu’il faut éviter si l’on peut. Pourtant, elle abrite en son sein des filières plébiscitées, les filières santé ou le droit, les IUT mais aussi des écoles d’ingénieurs. Le débat n’est pas de savoir si c’est mérité, ou non, mais de comprendre comment il est possible de faire évoluer certains stéréotypes. Voici quelques éléments de la réflexion que j’ai eu l’occasion de présenter lors du séminaire mensuel de l’IGAENR consacré à la communication dans l’ESR. (suite…)

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Les Grandes écoles plus que jamais écartelées

Peut-on encore parler de Grandes écoles, en dehors de l’acronyme CGE ? Le grand écart n’est pas loin au vu de leurs intérêts contradictoires. Une partie de ses membres est connectée structurellement aux universités et/ou à une tutelle ministérielle, une autre est liée (encore) aux CCI, et une autre est totalement privée. Cet équilibre précaire et ancien peut-il survivre non seulement aux tensions financières, mais à la volonté des pouvoirs publics d’une convergence, tant dans Parcoursup qu’au travers de l’ordonnance ? (suite…)

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Les Business schools sont-elles préparées à l’économie de l’innovation ?

Alice Guilhon, présidente du Chapitre des écoles de management à la Conférence des grandes écoles, et DG de Skema dénonce dans une tribune au « Monde » le faux procès fait à leurs formations. Elle affirme que parce que « le modèle d’enseignement du management français est l’un des plus solides, il faut le soutenir » car « il y va de la compétitivité de la France dans le monde ». Mais les étudiants d »écoles de management sont-ils vraiment préparés à une économie de l’innovation ?
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La stratégie d’innovation française en échec

Lire le rapport Lewiner and C° sur l’innovation, c’est faire un voyage dans le système insensé de l’innovation « à la française ». Le lire entre les lignes c’est mesurer l’incroyable gaspillage depuis des années avec des résultats plus que décevants en termes économiques. C’est ce qu’il faut bien appeler le syndrome du minitel : la raison en est simple, l’ignorance à tous les niveaux de l’impact de l’ESR. Et on peut à juste titre s’interroger : tout ça pour ça ? Pendant ce temps-là, ailleurs… (suite…)

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