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Depuis que j’ai quitté la direction de la rédaction enseignement-recherche d’AEF en mars 2018, j’essaie de faire profiter les professionnels de l’enseignement supérieur et de la recherche de l’expérience et de la connaissance acquises au fil de ces années. Mon regard extérieur me permet je crois de percevoir et d’écrire des choses qui sont le miroir des échecs et des réussites, sans langue de bois mais sans agressivité. Je vous propose donc, à l’occasion de cette nouvelle année, de vous rappeler, chronologiquement, quelques faits et selon moi, quelques tendances. Je souhaite à toutes les lectrices et lecteurs de mon blog une très belle année 2019 !

Mars 2018

Les mots très durs de Daniel Lacroix, président à l’époque de Toulouse Jean-Jaurès, qui cible ses collègues universitaires et leur mauvaise foi, symbolisent les fractures profondes de l’université française. Dans un tout autre registre, il est toujours plaisant de découvrir en lisant un rapport de la Cour des comptes qu’elle dit tout haut ce que beaucoup d’acteurs de la recherche publique constatent tous les jours : la valorisation de la recherche est freinée par la faiblesse de la R&D privée.

Avril 2018

Côté médias

Mai 2018

Les mouvements étudiants ont généré un déferlement d’informations et d’affirmations non vérifiées : le monde universitaire a malheureusement souvent quitté les termes de débats engagés pour un militantisme qui n’a rien à voir avec un engagement basé sur une lecture des faits. Pire, les “vérités alternatives” misérabilistes desservent la cause de l’université. Il faut dire que la communication interne des établissements est quasi inexistante.
Dans le même temps, les Grandes écoles font face à un problème bien connu des universités ! Leur gouvernance avec une instabilité qui semble devenir chronique.
Côté recherche et innovation, la France ne change pas ! Toujours ce culte du plan que j’ai “fouillé” dans la mémoire des plans gouvernementaux, la plupart du temps inopérants. Oui, on peut légitimement s’interroger. Innovation vs innovation de rupture : les pouvoirs publics font-ils fausse route ?
Mais ce qui reste de ce mois de mai, c’est que désormais, quoiqu’on en pense, Parcoursup remplace le bac, ce qui est un changement majeur. Le bac devient le dernier “sceau” à apposer, une fois que tout est écrit. L’angle mort de Parcoursup est celui de l’absence de véritables services d’admission.
 
Et aussi
Quelques conséquences des mouvements étudiants

Juin 2018

Y a-t-il un syndrome de Stockholm des universitaires français ? C’est la question que je pose car tout se passe comme si les universitaires français avaient intériorisé les arguments de leurs détracteurs qui ignorent ou méprisent l’Université. Il faut avouer que le millefeuille contribue à démotiver les personnels, malgré la grande réussite de Ma Thèse en 180s, le tour de l’ESR français en 80 jours demeure un pari fou !

C’est aussi l’occasion de se poser : Quels enseignements tirer à froid du conflit dans les universités ? Et quel est leur défi médiatique ? Quelles sont les raisons qui expliquent le manque d’intérêt des médias pour l’ESR ? C’est d’ailleurs un feuilleton permanent avec des tensions fortes entre une partie de la communauté scientifique et les médias autour de l’Intégrité scientifique.

Enfin, le feuilleton de la succession, ou non, d’Yves Lévy à l’Inserm est l’occasion de revenir sur la transparence des nominations dans l’ESR : l’Inserm, un cas d’école ?

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Bac et Parcoursup : valoriser la précocité ou la maturité ?

Merci aux bloqueurs ? Avec les examens en ligne, les universités accélèrent sur le numérique

A la Une en Juillet 2018

Le doctorat est-il vraiment indispensable pour diriger un établissement d’ESR ? C’est une interrogation légitime au moment où le futur président de l”école Polytechnique Eric Labaye, dirigeant de McKinsey, suscitait des critiques en raison de son profil “non recherche”.

C’est d’ailleurs l’occasion de revenir sur un mot très significatif, “personnalité extérieure” : alors que les hôpitaux font appel à des personnalités qualifiées, comme d’ailleurs le CNRS, pourquoi les universités françaises les nomment-elles personnalités extérieures ? Que nous disent d’ailleurs langue de bois et autres poncifs de l’ESR ?

De façon un peu vive, je réagis à ce dénigrement permanent en France de son Université, que confirme une semaine de lecture de la presse. Pourtant, quoiqu’on pense de la trilogie française université-prépas/grandes écoles-organismes de recherche, ce qui reste le plus handicapant n’est pas la permanence de ce système unique au monde mais sa justification par le dénigrement de l’université…et de ses étudiants.

J’ai de ce point de vue beaucoup apprécié le plaidoyer d’une académicienne pour l’université, benjamine de l’académie des Sciences, la mathématicienne Laure Saint-Raymond. Mais cela montre aussi l’impuissance de la communauté scientifique à s’organiser pour penser des évolutions qu’elle juge nécessaires.

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A la Une en Août 2018

Business schools : une “crise des subprimes” se profile-t-elle ? Oui il n’y a pas que les universités qui affrontent des vents contraires ! Ca commence à tanguer dans un monde dont le modèle économique vacille. Pourtant, leurs effectifs augmentent beaucoup plus, proportionnellement, que ceux des universités. L’idée lancée, comme un symbole, mais parfois comme une demande concrète, de la création d’une université supplémentaire semble une fausse bonne idée.

Enfin, c’est l’heure d’un premier bilan de Parcoursup et je reviens, loin des bilans catastrophistes, sur la double erreur du MESRI.

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A la Une en Septembre 2018

12% de PhD dans la R&D : une erreur stratégique des entreprises françaises ? Les services du MESRI soulignent que dans le secteur de la R&D, c’est la culture ingénieur qui prédomine, pas la culture recherche tandis que la France est le pays qui subventionne le plus la R&D des entreprises (devant la Russie…). Ces chiffres s’ajoutent à ceux inquiétants du doctorat, avec un système à bout de souffle.

Autre particularisme, celui des 35 000 villages de l’ESR face au serpent de mer des regroupements. L’échec des Comue est acté avec l’avant-projet d’ordonnance sur les nouvelles formes de regroupement : écoles et universités peuvent-elles converger sur un nouveau modèle ? Et d’ailleurs, a t-on encore besoin de recteurs/rices au-dessus des universités ? En tout cas, dans ce contexte peut-on parler comme le chroniqueur de l’Express Laurent Alexandre de “Facs poubelles” ? Non, car justement elles réalisent une exceptionnelle performance !

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A la Une en Octobre 2018

20 ans après, que reste-t-il du rapport Attali ? Le recul historique est un bon outil pour juger des évolutions, avec ce rapport qui allait être un choc dans l’ESR français, avec 2 échecs majeurs : la convergence universités-grandes écoles et l’évaluation.

Le projet d’ordonnance sur les regroupements me donne l’occasion de revenir sur cette obsession française, celle non pas de la collégialité, mais de la “Démocratie universitaire” (1): un débat peut en cacher d’autres, “Démocratie universitaire” (2) : quelle place pour l’administration ? et enfin “Démocratie universitaire” (3) : le centre de décision et la périphérie.

Lire le rapport Lewiner and C° sur l’innovation, c’est faire un voyage dans le système insensé de l’innovation “à la française”. C’est aussi en tirer 2 constats : la stratégie d’innovation française est un échec en particulier parce que Bercy et les investisseurs privés français ne comprennent pas l’innovation.

Côté Grandes écoles, la CGE est plus que jamais écartelée, en raison de son…absence de sélectivité.  Surtout les Business schools sont de plus en plus questionnées sur leur capacité à-elles préparer leurs étudiants à l’économie de l’innovation ?

A l’occasion d’une présentation devant l’IGAENR, je suis revenu sur une question majeure mais qui indiffère de fait une partie de la communauté universitaire plus occupée à ses cuisines internes : Peut-on changer la mauvaise image des universités ?

Novembre 2018

Relations CNRS-universités : on revient de loin, mais où va-t-on ? Si Alain Fuchs a grandement fait évoluer et apaisé les relations CNRS-universités, 2 questions majeures demeurent : comment, à l’heure où émergent de véritables universités (pas seulement les “grandes”), faire coexister ces dernières, les organismes, l’ANR et les instruments du PIA ? Cela rejoint les questionnements anciens de René Rémond sur l’autonomie des universités : façonnés par l”habitus” jacobin, les partisans de l’autonomie prônent souvent des mesures qui vont à l’encontre de leurs idées…

Le débat autour des frais d’inscription pour les étudiants étrangers extra communautaires me donne l’occasion de revenir sur un sujet qui n’intéresse personne : et si on s’intéressait (enfin) au montant des bourses ?

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Décembre 2018

Quelles sont les raisons de l’échec de la politique contractuelle ESR ? Mon constat, largement partagé semble-t-il mais non assumé publiquement, est étayé par un bilan sur 20 ans, la lecture de quelques contrats signés et enfin l’analyse des rapports du HCERES. Les réactions suscitées par mon billet me permettent de développer mon analyse et de répondre à certaines contributions.

Cela rejoint d’ailleurs ma chronique du millefeuille et notamment des SATT et les alliances de recherche : depuis 30 ans, les pouvoirs publics n’ont toujours pas tranché et ont passé leur temps à inventer des dispositifs pour contourner les universités. Cela est-il encore tenable ?

Et est-ce encore tenable que les chercheurs/enseignants-chercheurs soient les perdants du régime indemnitaire dans la fonction publique ? Le bilan social de l’ESR montre le maquis des effectifs, des statuts et des primes.

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